Biodiversité
Faune et flore du domaine, saison après saison
Ce carnet rassemble ce qui vit sur le domaine sans qu’on l’ait planté ni élevé : les animaux qui y passent ou s’y installent, et les plantes qui y poussaient avant nous. Il est tenu au fil des observations, à compléter à chaque saison.
Faune
Trois milieux se côtoient sur 2,3 hectares : la forêt de pins et de chênes qui enserre la propriété, les terrasses cultivées, et les points d’eau (les bassins en cascade, les baignoires, et la mare en projet). C’est à leurs lisières que l’on observe le plus : le pied d’une restanque au soleil, le bord d’un bassin au crépuscule, le poulailler à l’heure du grain.
Autour de l’eau
Les baignoires concentrent aujourd’hui la vie visible autour de l’eau : plus chaudes que les bassins, elles hébergent larves de libellules et de demoiselles, dytiques, notonectes et gerris, et les oiseaux et les abeilles y viennent boire en été, surtout aux heures chaudes. Le bassin de tête, au point haut du domaine, est celui que le projet de mare doit remettre en eau : la vie qui s’y installera descendra ensuite vers le jardin dans le sens de la pente, des libellules aux grenouilles et aux crapauds.
| Espèce | Où, quand | Notes |
|---|---|---|
| Crapaud épineux Bufo spinosus | Observé | Le crapaud commun du Midi. Ne va à l’eau que pour pondre (longs cordons d’œufs en mars) ; le reste de l’année il vit à terre, sous les pierres et les tas de bois, et chasse limaces et fourmis la nuit. Protégé. |

Oiseaux
La forêt de pins d’Alep et de chênes pubescents attire les passereaux forestiers ; la canopée du jardin et ses fruitiers, les espèces plus opportunistes. Deux rapaces sont installés sur le domaine, l’un de jour, l’autre de nuit : le poulailler est à protéger en conséquence. Plusieurs nichoirs installés sur le domaine (bois, argile, et un nichoir à chouette intégré au toit de la maison) ont été colonisés, notamment par la sittelle torchepot et les mésanges.
| Espèce | Où, quand | Notes |
|---|---|---|
| Hibou grand-duc Bubo bubo | Observé | Le plus grand rapace nocturne d’Europe. Chant grave et régulier au crépuscule de décembre à février (période des parades). Chasse hérissons, rats, lapins ; sa présence signale un territoire calme et boisé. Espèce protégée. |
| Buse variable Buteo buteo | Observée | En vol plané au-dessus des terrasses, cri plaintif caractéristique. Se nourrit surtout de campagnols et de mulots : une alliée du verger. Espèce protégée. |
| Mésange bleue Cyanistes caeruleus | Observée | A colonisé les nichoirs installés sur le domaine, aux côtés de la sittelle torchepot. |
| Sittelle torchepot Sitta europaea | Observée | A colonisé les nichoirs ; seule espèce capable de descendre la tête la première le long des troncs. |
| Mésange charbonnière Parus major | Observée | Chant à deux syllabes répété, occupe elle aussi les nichoirs. |
| Pic épeiche Dendrocopos major | Observé | Tambourinage caractéristique sur les troncs, trous nourriciers visibles dans l’écorce, en particulier sur le bois mort. |
| Huppe fasciée Upupa epops | Observée | Crête érectile, cri répété en trois temps, niche volontiers en cavité. |
| Fauvette à tête noire Sylvia atricapilla | Observée | Chant fluté en cascade descendante depuis les fourrés, présente une grande partie de l’année. |
| Rossignol philomèle Luscinia megarhynchos | Avril à juin | Chant nocturne puissant près de l’eau. Migrateur. |
| Pigeon ramier Columba palumbus | Observé | Roucoulement à cinq syllabes depuis les grands arbres en lisière. |
| Loriot d’Europe Oriolus oriolus | Été, migrateur | Plumage jaune du mâle rarement vu, présence trahie par le chant flûté. |
| Rougegorge familier Erithacus rubecula | Toute l’année | Territorial, poitrine orange ; chante même en hiver. |
| Merle noir Turdus merula | Sédentaire | Chant mélodieux au crépuscule. |
| Pouillot de Bonelli Phylloscopus bonelli | Observé | Chant trillé sec depuis la frondaison, discret. |
| Pouillot véloce Phylloscopus collybita | Printemps | Chant répétitif, un des premiers du printemps. |
| Pie bavarde Pica pica | Observée | Nid volumineux visible en hiver dans les arbres dénudés. |
| Geai des chênes Garrulus glandarius | Observé | Cache les glands en automne, participe à la régénération des chênes. |
| Héron cendré Ardea cinerea | Observé | Vu en vol ou à l’affût près des points d’eau. |
| Mésange à longue queue Aegithalos caudatus | Observée | Circule en petites bandes hors saison de reproduction. |
| Flamant rose Phoenicopterus roseus | Février, migration | Survol occasionnel en direction ou en provenance des étangs de Camargue. |






Insectes et pollinisateurs
Le domaine étant conduit sans aucun traitement, les insectes y sont nombreux et le jardin en dépend : la plupart des fruitiers (pommiers, poiriers, cerisiers, amélanchiers, cornouillers, jujubiers) ne fructifient bien que pollinisés. Cistes, thym et romarin fleurissent à des périodes complémentaires et nourrissent abeilles domestiques, abeilles sauvages et bourdons du printemps à l’été. Les tas de bois et les murs de pierre sèche abritent les auxiliaires (coccinelles, chrysopes, carabes) qui régulent pucerons et chenilles.
| Groupe | Plante ou milieu | Notes |
|---|---|---|
| Odonates (libellules, demoiselles) | Baignoires, bassins (et la mare, en projet) | Espèces à identifier au fil des saisons. |
| Hyménoptères (abeilles, bourdons, guêpes) | Cistes, thym, romarin, fruitiers en fleur | Abeilles sauvages à noter : les osmies pollinisent les fruitiers dès mars, avant les abeilles domestiques ; le xylocope, gros et bleu-noir métallique, se reconnaît de loin sur les fleurs d’artichaut. |
| Coléoptères (coccinelles, carabes, dytiques) | Restanques, tas de bois, baignoires | Auxiliaires à préserver ; la larve de coccinelle mange plus de pucerons que l’adulte. |
| Lépidoptères (papillons de jour et de nuit) | Garrigue, lisières | Les papillons de nuit nourrissent les pipistrelles. |
| Orthoptères (cigales, criquets, sauterelles) | Pins, terrasses en été | La cigale passe plusieurs années sous terre avant son unique été de chant. |



Inventaire par espèce à détailler : les insectes sont nombreux et variés sur le domaine, ce tableau n’en donne que la trame.
Reptiles et mammifères
Les restanques exposées au sud sont le domaine des lézards, la larmuse des murs et le lézard vert des buissons, et de deux couleuvres, l’une des murs secs, l’autre de l’eau, toutes inoffensives et utiles. Les traces au sol et les dégâts sur les jeunes plants renseignent sur les passages nocturnes : sangliers, chevreuils, lapins, renard, martre. L’écureuil se signale par les cônes de pin rongés au pied des arbres. Les pipistrelles chassent à la tombée du jour, et le hérisson fait sa tournée des limaces dès la nuit tombée.
| Espèce | Indice ou observation | Notes |
|---|---|---|
| Larmuse, lézard des murailles Podarcis muralis | Observée | Nom provençal du lézard des murs. Omniprésente sur les restanques au soleil, elle consomme mouches, fourmis et petites araignées. Protégée. |
| Lézard vert occidental Lacerta bilineata | Observé | Jusqu’à 40 cm avec la queue ; le mâle prend une gorge bleue au printemps. Vit dans les ronciers et buissons des lisières ensoleillées, chasse gros insectes et parfois petits lézards. Protégé. |
| Couleuvre à échelons Zamenis scalaris | Observée | Espèce typiquement provençale, liée aux murs de pierre sèche et aux talus chauds. Grande consommatrice de rongeurs. Les jeunes portent le dessin en échelle qui lui donne son nom, les adultes deux lignes sombres sur le dos. Protégée. |
| Couleuvre à collier Natrix helvetica | Observée | Liée aux points d’eau, où elle chasse grenouilles et têtards. Se reconnaît au collier clair derrière la tête. Fait la morte si on la dérange. Protégée. |
| Renard Vulpes vulpes | Observé | Régule campagnols et lapins ; le poulailler doit être clos chaque soir, il repère vite une faiblesse dans le grillage. |
| Martre Martes martes | Observée | Forestière et grimpeuse, nocturne. Se distingue de la fouine par sa bavette jaune-orangé (blanche chez la fouine). Mange rongeurs et oiseaux, mais aussi beaucoup de fruits à l’automne. |
| Chevreuil Capreolus capreolus | Observé | Broute les jeunes pousses et frotte ses bois sur les troncs fins au printemps : protéger les plants de moins de trois ans par un manchon ou un grillage. |
| Sanglier Sus scrofa | Observé | Retourne le sol à la recherche de racines et de larves ; peut défaire un paillage ou une berge de bassin en une nuit. À prendre en compte pour les futures baissières. |
| Lapin de garenne Oryctolagus cuniculus | Observé | Écorce les jeunes arbres en hiver quand l’herbe manque : protection du tronc sur les 50 premiers centimètres. |
| Pipistrelle Pipistrellus sp. | Observée | La plus petite chauve-souris d’Europe. Une seule peut capturer plusieurs centaines de moustiques et de petits papillons par nuit. Gîte dans les fissures de murs et sous les toitures. Protégée. |
| Hérisson Erinaceus europaeus | Observé | Consomme limaces, escargots et coléoptères. A besoin de passages sous les clôtures et de tas de feuilles pour hiverner de novembre à mars. Protégé. |
| Écureuil roux Sciurus vulgaris | Observé | Vit dans les pins d’Alep, dont il décortique les cônes. Il saura trouver les noix de pécan et les pistaches avant nous : filet ou récolte précoce sur les jeunes arbres. Protégé. |
| Gecko, tarente Tarentola mauritanica | Observé | Nocturne, se poste près d’une source de lumière pour chasser les insectes attirés. Se distingue des lézards diurnes par sa peau tuberculée et ses doigts adhésifs. |








Lei Clapier, « le pierrier » en provençal, est un tas de pierres aménagé sur le domaine, refuge pour la petite faune.


Flore locale
Avant les plantations, il y avait la garrigue et la forêt. Ces espèces spontanées restent la trame du lieu : elles fixent la terre des talus, protègent les jeunes fruitiers du vent et du soleil, et donnent au jardin son identité provençale. Les préserver n’est pas un choix esthétique : ce sont elles qui tiennent le sol et abritent la faune décrite ci-dessus.
Arbres de la forêt environnante
- Pin d’Alep Pinus halepensis, l’essence dominante des collines calcaires ; litière acide, à ne pas laisser s’accumuler au pied des fruitiers.
- Chêne pubescent Quercus pubescens, feuillage marcescent, hôte de la truffe et d’une faune d’insectes considérable.
- Aulne à feuilles de cœur Alnus cordata, fixateur d’azote, précieux en lisière.
- Érable de Montpellier Acer monspessulanum, petit arbre de garrigue, couleurs d’automne.
- Cormier Sorbus domestica, fruitier sauvage ancien, aujourd’hui rare.
- Cornouiller Cornus mas, à l’état sauvage en lisière ; ses fruits rouge sombre attirent oiseaux et petits mammifères en fin d’été.
- Mûrier Morus alba, héritage de l’époque séricicole provençale.
- Albizia Albizia julibrissin, naturalisé, mellifère en plein été quand peu d’arbres fleurissent.

Arbustes et plantes de garrigue
- Ciste cotonneux Cistus albidus, floraison rose en avril-mai, pionnier des sols pauvres.
- Thym Thymus vulgaris, mellifère de printemps, à laisser monter en fleur avant toute coupe.
- Romarin Salvia rosmarinus, fleurit dès l’hiver, première ressource des abeilles en février.
- Arbousier Arbutus unedo, fleurs et fruits en même temps à l’automne.
Liste à enrichir au fil des inventaires : orchidées de printemps sur les talus, plantes de berge à installer autour de la future mare (roseaux, joncs, iris des marais), fougères des murs de restanque à l’ombre.
| Espèce | Emplacement | Période d’observation |
|---|---|---|
| À compléter |