La Forêt-jardin
se lit du ciel jusqu’aux racines
Depuis 2015, un domaine de 2,3 hectares se cultive à la manière d’une forêt : plusieurs strates de végétation superposées, chacune nourrissant les autres, sans aucun intrant chimique.
La canopée
Cèdres, eucalyptus, tilleuls et pacaniers forment la charpente du domaine, des arbres qui filtrent la lumière provençale et abritent, sous leur ombre légère, tout ce qui pousse en dessous. Une présence ancienne, en accord avec le climat sec et les restanques qui structurent la pente depuis des générations. Cette canopée dialogue avec les essences endémiques déjà présentes dans la forêt qui enserre le jardin (aulnes à feuilles de cœur, chênes pubescents, cormiers, pins d’Alep, mûriers, érables, albizias). Oliviers et pistachiers, plus bas dans le sous-étage, complètent cette diversité fruitière.
Le sous-étage
C’est ici que se concentre l’essentiel des cultivars du domaine : une mosaïque de fruitiers de taille moyenne, choisis pour leur diversité de saveurs et de saisons de récolte, dans un désordre apparent qui est en réalité une organisation minutieuse.
L’arbustif
Grenadiers et jujubiers occupent cette strate intermédiaire, entre les arbres et le sol, des essences rustiques, parfaitement adaptées aux étés secs, qui referment le jardin sur lui-même et créent des microclimats protégés pour les strates plus fragiles.
Le grimpant
La vigne s’élève entre les charpentes des arbres, occupant l’espace vertical sans concurrencer les autres strates au sol, une culture aussi ancienne que la Provence elle-même, ici replacée dans une logique de forêt plutôt que de rang isolé.
Le couvre-sol
Le sol n’est jamais laissé à nu : paillage ou plantes couvre-sol occupent en permanence cette strate rase, protégeant la terre de l’évaporation et du tassement. C’est aussi ici que se joue l’interface invisible avec les champignons et les réseaux mycorhiziens qui relient les racines entre elles, un pont vivant entre ce qui pousse à l’air libre et ce qui circule sous la surface.
Le sol vivant
Sous la surface, aucun intrant chimique ne vient perturber la vie du sol : ni engrais de synthèse, ni pesticide, ni désherbant. La couverture végétale au pied des arbres, les restanques qui retiennent la terre et l’humidité, et les cycles naturels laissés à l’œuvre entretiennent depuis 2015 un équilibre que l’on n’impose pas, mais que l’on accompagne.
Une philosophie, pas seulement une méthode
Zéro intrant chimique
Aucun engrais de synthèse, pesticide ou désherbant depuis l’origine du projet en 2015 : la fertilité vient du système lui-même, pas d’apports extérieurs.
Les restanques préservées
Les terrasses en pierre sèche qui façonnent la parcelle depuis des générations sont protégées et intégrées à la logique de culture, plutôt que contournées.
Une vision biorégionale
Chaque choix de plantation tient compte du climat provençal, de ses étés secs et de ses sols, pour bâtir un jardin qui s’inscrit durablement dans son territoire.