La Forêt-jardin
se lit du ciel jusqu’aux racines

Depuis 2015, un domaine de 2,3 hectares se cultive à la manière d’une forêt : plusieurs strates de végétation superposées, chacune nourrissant les autres, sans aucun intrant chimique.

…
cultivars fruitiers
0
intrant chimique
7
strates cultivées
Descendre dans les strates
Strate 01 · 6 à 10 mètres

La canopée

l’étage haut, celui qui dessine la silhouette du jardin

Cèdres, eucalyptus, tilleuls et pacaniers forment la charpente du domaine, des arbres qui filtrent la lumière provençale et abritent, sous leur ombre légère, tout ce qui pousse en dessous. Une présence ancienne, en accord avec le climat sec et les restanques qui structurent la pente depuis des générations. Cette canopée dialogue avec les essences endémiques déjà présentes dans la forêt qui enserre le jardin (aulnes à feuilles de cœur, chênes pubescents, cormiers, pins d’Alep, mûriers, érables, albizias). Oliviers et pistachiers, plus bas dans le sous-étage, complètent cette diversité fruitière.

CèdresEucalyptusTilleulsPacaniers Aulnes à feuilles de cœurChênes pubescentsCormiers Pins d’AlepMûriersÉrablesAlbizias
Strate 02 · 3 à 6 mètres

Le sous-étage

l’étage nourricier, le plus foisonnant

C’est ici que se concentre l’essentiel des cultivars du domaine : une mosaïque de fruitiers de taille moyenne, choisis pour leur diversité de saveurs et de saisons de récolte, dans un désordre apparent qui est en réalité une organisation minutieuse.

PommiersPlaqueminiersOliviers PistachiersCornouillersAmélanchiers Asiminiers (pawpaw)
Strate 03 · 1 à 3 mètres

L’arbustif

l’étage dense, à hauteur de main

Grenadiers et jujubiers occupent cette strate intermédiaire, entre les arbres et le sol, des essences rustiques, parfaitement adaptées aux étés secs, qui referment le jardin sur lui-même et créent des microclimats protégés pour les strates plus fragiles.

GrenadiersJujubiers
Strate 04 · verticale

Le grimpant

l’étage qui monte, entre les arbres

La vigne s’élève entre les charpentes des arbres, occupant l’espace vertical sans concurrencer les autres strates au sol, une culture aussi ancienne que la Provence elle-même, ici replacée dans une logique de forêt plutôt que de rang isolé.

Vignes
Strate 05 · au ras du sol

Le couvre-sol

l’étage jamais nu

Le sol n’est jamais laissé à nu : paillage ou plantes couvre-sol occupent en permanence cette strate rase, protégeant la terre de l’évaporation et du tassement. C’est aussi ici que se joue l’interface invisible avec les champignons et les réseaux mycorhiziens qui relient les racines entre elles, un pont vivant entre ce qui pousse à l’air libre et ce qui circule sous la surface.

Strate 06 · au ras du sol, et dessous

Le sol vivant

l’étage invisible, celui qui fait tout tenir

Sous la surface, aucun intrant chimique ne vient perturber la vie du sol : ni engrais de synthèse, ni pesticide, ni désherbant. La couverture végétale au pied des arbres, les restanques qui retiennent la terre et l’humidité, et les cycles naturels laissés à l’œuvre entretiennent depuis 2015 un équilibre que l’on n’impose pas, mais que l’on accompagne.

Une philosophie, pas seulement une méthode

01

Zéro intrant chimique

Aucun engrais de synthèse, pesticide ou désherbant depuis l’origine du projet en 2015 : la fertilité vient du système lui-même, pas d’apports extérieurs.

02

Les restanques préservées

Les terrasses en pierre sèche qui façonnent la parcelle depuis des générations sont protégées et intégrées à la logique de culture, plutôt que contournées.

03

Une vision biorégionale

Chaque choix de plantation tient compte du climat provençal, de ses étés secs et de ses sols, pour bâtir un jardin qui s’inscrit durablement dans son territoire.

Ce que l’on trouve, ce que l’on laisse

Un jardin comme celui-ci se construit entre deux temps : ce que l’on trouve en arrivant (un relief, des restanques, une mémoire du lieu) et ce que l’on choisit d’y laisser, pour ceux qui viendront après. Entre les deux, il y a l’observation patiente, l’émerveillement devant ce qui pousse sans qu’on l’ait décidé, la documentation méthodique de ce qui fonctionne, et bien sûr le travail : cette part silencieuse, répétée, qui ne se voit presque jamais sur une photo.

Regarder longtemps avant d’agir, comprendre les motifs du vivant avant de vouloir les corriger : c’est peut-être la seule vraie méthode, ici comme ailleurs. Un jardin ne se termine jamais : il se transmet. Comme tous les jardins, celui-ci raconte, d’une génération à l’autre, une histoire qui nous dépasse un peu.